Les 5 choses que je ferais si je lançais mon projet musical demain

Après 18 ans dans l’industrie musicale, entre labels et plateformes de streaming, j’ai vu des centaines de projets se lancer. Certains avec du budget, d’autres presque sans rien. Et ce qui fait la différence, ce n’est pas toujours ce qu’on croit.

Alors si demain je partais de zéro et que je lançais mon propre projet musical, voici exactement ce que je ferais, dans l’ordre. Pas ce que j’aurais envie de faire. Ce que je ferais vraiment.

1. Je poserais mon identité artistique et visuelle avant tout le reste

Avant de sortir un seul titre, je prendrais le temps de définir mon ADN artistique. Et le premier test est brutal : est-ce que je suis capable de décrire mon projet en une seule phrase ? Pas un paragraphe, pas une liste de références. Une phrase. Si je n’y arrive pas, personne d’autre n’y arrivera non plus.

C’est ce travail de fond qui précède tout le reste. Savoir ce que je représente, pour qui, et ce qui me rend distinctif dans un paysage musical saturé.

Une fois cet ADN posé, je construirais un brandbook : un document de référence qui formalise mon univers, mes codes couleurs, ma typographie, mon ton, mes visuels. À partir de là, tout découle naturellement : photos de presse, artworks, bio, profils sur les plateformes.

L’identité n’est pas un détail esthétique. C’est la fondation sur laquelle repose toute la stratégie. Si elle est floue, tout ce qui vient après l’est aussi.

2. Je cartographierais mon audience et ses habitudes d’écoute

Avant de choisir un réseau social ou un format de contenu, je me poserais une question simple : qui est l’auditeur que je cherche à toucher ? Où est-il ? Comment découvre-t-il de la musique ?

Est-ce qu’il est sur TikTok à 22h à scroller des vidéos de 30 secondes ? Est-ce qu’il découvre via les playlists éditoriales Spotify ? Via YouTube ? Via des recommandations d’amis ?

À partir de ce portrait, je choisirais un ou deux canaux sur lesquels je suis à l’aise, et je réfléchirais au format et à l’expérience que je peux proposer de façon authentique et régulière. Pas ce que l’algorithme veut. Ce que moi je peux tenir dans la durée.

3. Je choisirais un agrégateur sérieux et je mettrais tout à jour

Le choix de l’agrégateur n’est pas anodin. Je prendrais le temps de comparer les options en fonction de mes besoins réels : accès à la data, fonctionnalités de pre-save, outils marketing, modalités de reversement. Ce n’est pas une décision à prendre à la légère.

Une fois le choix fait, je mettrais à jour l’intégralité de mes profils artiste sur toutes les plateformes. Spotify for Artists, Apple Music for Artists, Amazon Music, Deezer. Photo, bio, liens, Spotify Canvas, marquage des titres. Tout. Un profil incomplet ou daté envoie un signal négatif, à l’algorithme comme à l’auditeur.

L’objectif : avoir accès à toute la data disponible dès la première sortie, pour pouvoir analyser et ajuster.

4. Je chercherais des collaborations dans mon univers

Dès le départ, je ne travaillerais pas seul. Je chercherais à m’associer avec d’autres artistes qui partagent mon univers, pas forcément mon genre musical, mais ma sensibilité, mes valeurs, mon audience potentielle.

Les collaborations, c’est l’un des leviers les plus efficaces pour toucher une nouvelle audience qualifiée. Un auditeur qui suit déjà un artiste proche de mon univers est beaucoup plus susceptible de s’intéresser à ma musique qu’un inconnu touché par une campagne publicitaire.

Et au-delà des chiffres, créer avec d’autres artistes nourrit le projet. C’est souvent là que les choses les plus intéressantes se passent.

5. Je planifierais mes sorties sur au moins 6 mois

Avant de sortir quoi que ce soit, j’aurais un plan. Combien de titres sur 6 mois ? À quelle fréquence ? Quel contenu autour de chaque sortie ? Quel dispositif marketing ?

Et surtout, je ne dépenserais pas un euro en marketing avant de savoir quels contenus génèrent de l’engagement organique. C’est une erreur que je vois tout le temps : amplifier sans avoir de signal clair sur ce qui fonctionne. On brûle du budget pour rien.

La règle que j’applique : d’abord tester, observer, comprendre. Ensuite amplifier ce qui marche. Pas l’inverse.

Bonus : Je commencerais l’acquisition de fans dès le premier jour

Spotify ne t’appartient pas. Instagram non plus. Tes followers sur ces plateformes, tu ne les possèdes pas. Si l’algorithme change, si ton compte est suspendu, si la plateforme évolue, tu peux tout perdre du jour au lendemain.

C’est pour ça que dès le début, je mettrais en place des outils d’acquisition directe : Bandcamp pour vendre et créer une relation directe avec les auditeurs les plus engagés, Laylo pour les pre-saves et les annonces en direct, Membrz.club pour construire une communauté avec un accès exclusif.

Construire une liste de contacts réels, ce n’est pas réservé aux artistes qui ont déjà une audience. C’est quelque chose qu’on commence petit, dès le premier jour, et qui prend de la valeur avec le temps.

Ce que tout ça a en commun

Chacune de ces étapes part du même principe : construire quelque chose de solide avant de chercher à scaler. L’identité, l’audience, les bases techniques, le plan de sortie, la relation directe avec les fans. Ce n’est pas glamour. Mais c’est ce qui fait la différence entre un projet qui dure et un projet qui s’essouffle après deux singles.

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